Moonrise Series

Les Quatre Lunes


MÈRE

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Dans le Corps de la Mère

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LES HORMONES

Quand le niveau d’œstrogènes est suffisant, l’hypophyse (dans le cerveau) envoie un pic d’hormone LH (vers les ovaires). La LH pousse l’ovocyte le plus mûr hors du follicule, qui se rompt. L’ovocyte devient alors un ovule. C’est l’ovulation. L’ovule est poussé dans une trompe utérine, où il peut être atteint (et fertilisé) par les éventuels spermatozoïdes. Les ovocytes qui ont perdu la course de l’ovulation sont réabsorbés par l’ovaire.

Au moment de l’ovulation, la température corporelle augmente, ainsi que le volume et la sensibilité des sens. Les parois du vagin deviennent plus souples et glissantes. Les sécrétions vaginales sont abondantes et leur odeur est plus forte, plus musquée. La transpiration aussi se fait plus forte, du fait des phéromones libérées au niveau des aisselles et des poils pubiens en milieu de cycle.

On observe aussi une augmentation de la testostérone durant l’ovulation, qui donne un sentiment d’assurance et des envies sexuelles plus vives. Pendant cette période, la production d’ocytocine, qu’on appelle aussi “hormone de l’amour”, est stimulée par de nombreux facteurs comme le contact physique, les pensées érotiques et l’orgasme. L’ocytocine permet d’atteindre l’orgasme plus facilement.

L’ovulation a lieu autour du jour 14, mais peut arriver dès la fin des règles dans les cycles courts, ou plus tard dans les cycles longs. L’ovulation en elle-même ne dure qu’une journée: une seule journée pendant laquelle l’ovule peut être fécondé.

Cette période d’ovulation dure pendant 5 à 7 jours, durant laquelle le corps sécrète un abondant mucus clair et glissant qui ressemble à du blanc d’œuf: le mucus fertile. Il prend une texture “filante” au moment de l’ovulation; si on en prend entre deux doigts, il peut s’étirer à l’infini en formant un fil. Ce mucus a le même PH alcalin que le sperme et la structure idéale pour que celui-ci puisse se faufiler dedans. Dans ce mucus, les spermatozoïdes peuvent rester en vie jusqu’à 5 jours.

Même si l’ovulation ne dure qu’une journée, la période de fertilité est d’une durée de 5 jours environ, car le sperme peut vivre quelques jours dans le mucus fertile.

Beaucoup de femmes savent quand elles ovulent car elles ressentent au niveau de l’ovaire droit ou gauche un léger pincement, un spasme, une petite inflammation… et parfois même une grande douleur.


QUELQUES ASPECTS POSITIFS DE CETTE PHASE DU CYCLE AU NIVEAU PHYSIQUE

La Mère est au top de ses capacités physiques et cognitives:

  • Pic d’énergie

  • Facilité à habiter son corps sereinement, meilleure connexion à son corps

  • Facilité à “manier” son corps: psychomotricité fine augmentée, pic de performances

  • Top des capacités cognitives: impression que le cerveau fonctionne bien, facilement et efficacement. Meilleure mémoire, élocution, raisonnement… Mental clair, plus grande perspicacité.

  • Perception plus fine de l’environnement, capacité à prêter attention à l’extérieur, à être réactive

  • Capacité à trier les informations et à prendre des décisions

  • Capacité à faire du sport, à avoir de bons résultats sportifs sans trop d’effort

  • Envie de bouger son corps, de l’habiter pleinement

  • Capacité à agir, à faire, mais de manière plus tranquille et détendue que la Jeune Fille. La Jeune Fille est tendue vers son objectif, tandis que la Mère surfe sur la vie avec simplicité.

Le corps de la Mère est plus vital, plus puissant et désirant:

  • Meilleure capacité à accueillir son corps tel qu’il est

  • Les œstrogènes permettent de se sentir pleine de vitalité et plus désirable

  • La testostérone donne un sentiment d’assurance, de confiance en soi

  • Capacité à se sentir belle et séduisante

  • Libido plus présente

  • Orgasmes facilités

  • Plus tactile, envie de toucher son corps et aussi le corps des autres

  • Pensées et rêves érotiques


L’ovulation est le moment d’un pic de performances: utiliser son corps devient facile. Tandis qu’on peut avoir tendance à la maladresse, à casser ou à faire tomber des objets en Femme Sage à l’opposé du cycle, la psychomotricité fine s’accentue à mesure que le taux d’œstrogènes augmente. La Mère a de bons réflexes, elle se sent plus habile.

En phase de la Mère, on a une meilleure capacité à agir, à faire, mais de manière plus tranquille et détendue que la Jeune Fille. La Jeune Fille est tendue vers son objectif, tandis que la Mère surfe sur la vie et utilise les capacités de son corps avec simplicité.

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La phase ovulatoire est le meilleur moment pour faire l’amour. Tout dans le corps exprime qu’il est “prêt”.

Lorsqu’on ovule, le mucus fertile irrigue la paroi vaginale et facilite les relations sexuelles. Le pic d’œstrogènes vient stimuler la circulation sanguine dans le petit bassin: les tissus de la vulve et du vagin se gonflent de sang et deviennent plus chauds que d’habitude. La peau et les muscles sont plus sensibles et réactifs. Tout est réuni pour permettre des orgasmes plus intenses. Le corps entier se transforme en un grand récepteur sexuel.

Les taux d’œstrogènes élevés augmentent les envies d’absolu et de douceur. L’énergie circule mieux et l’on se sent plus vibrante, plus désirable et désirante. La sécrétion de testostérone au moment de l’ovulation augmente le sentiment d’assurance et de confiance. Elle peut donner des montées de désir, des envies de sexe et créer des pensées et rêves érotiques. Comme cette phase est propice au sentiment amoureux, on pourra rêver de son ou sa partenaire, ou de quelqu’un dont on est ou on a été amoureux.

Pendant les rapports sexuels, la femme qui ovule peut avoir tendance à souhaiter quelque chose de plus fort, de plus profond, de plus cosmique et sacré. Elle peut ressentir à la fois passion et tendresse. Quelque chose en elle souhaite plonger dans le grand tout, ne faire qu’un avec son ou sa partenaire pendant qu’elle fait l’amour. Elle a envie de prendre son temps, de ressentir un orgasme profond qui fasse vibrer son corps autant que son cœur. Que l’on désire un enfant ou pas, une puissante force créatrice nous traverse lorsque nous sommes fertiles.

Du fait de la synchronisation naturelle des cycles, les lesbiennes peuvent vivre leur période de fertilité en même temps. Alors le potentiel érotique et émotionnel est augmenté de façon exponentielle.

Il arrive que les femmes hétérosexuelles aient plus envie de faire l’amour sans préservatif, pour augmenter la connexion avec leur partenaire. Comme c’est le moment de la fertilité, il faudra faire attention à se protéger si l’on ne veut pas tomber enceinte.


LA QUESTION DE LA LIBIDO

La question de la libido est très multifactorielle et les hormones ne réagissent pas tout.

Il y a déjà une question de “constitution”: cette part d’hérédité avec laquelle nous naissons. En naturopathie, il existe quatre constitutions héritées d’Hippocrate: le sanguin, le bilieux, le lymphatique et le nerveux. Tous n’ont pas les mêmes désirs et besoins sexuels, ni la même force vitale.

Il y a ensuite les facteurs qui influencent la constitution: l’hygiène de vie, l’environnement, les croyances, les pensées, etc. En fonction de notre hygiène de vie physique et psychique, nous influençons notre “terrain” dans un sens positif ou négatif. Le terrain, c’est comme la terre d’un potager: soit vous l’entretenez pour qu’elle soit vivante, bien noire et aérée et qu’elle vous donne de beaux fruits et légumes, soit vous ne la nourrissez pas, ne l’arrosez pas, et y entreposez vos déchets sans jamais la nettoyer… Ainsi, un manque de libido peut simplement être le reflet d’un terrain peu vital, d’une maladie, d’un état dépressif, anxieux, d’un surmenage ou même d’un burn out. Rassurez-vous, il y a de multiples façons naturelles de “remonter” un terrain en mauvais état !

L’absence de libido ou les difficultés à avoir des rapports sexuels peuvent aussi être due à des blessures émotionnelles, des traumas, des abus. Le vaginisme, les douleurs, les angoisses pendant l’acte, les mycoses ou les cystites à répétition peuvent être le signe que quelque chose cherche à s’exprimer et à guérir.

Parfois le manque de libido est aussi du à la relation de couple en elle-même. Parce qu’on est ensemble depuis longtemps, que la routine s’est installée, parce qu’on vit avec quelqu’un qui n’a pas beaucoup de désir et que cela éteint le nôtre, parce qu’on se dispute trop, qu’on ne connecte pas assez avec l’autre au quotidien. Comme l’ovulation entraîne un besoin de connexion profonde de coeur à coeur et d’âme à âme, les peines de cœur dans le couple, les rancœurs, les non-dits ont tendance à influer sur l’envie de faire l’amour. Conserver l’envie de faire l’amour avec son ou sa partenaire n’est pas un acquis. Cela passe par le fait d’investir du temps et d’insuffler de l’énergie au quotidien dans le couple, mais aussi de conserver un vrai dialogue au quotidien, et de guérir les éventuelles blessures.

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Parfois on souffre aussi de la comparaison avec les autres, et on se dit qu’on ne fait pas assez l’amour par rapport à la moyenne. Or, un couple peut être très heureux et amoureux sans pour autant faire l’amour souvent. Libérons-nous du carcan de la comparaison ! Trouvons notre juste rythme, celui qui nous est propre. Il n’y a pas de moyenne à respecter en termes de fréquences. Les amours sont multiples, le fait de les exprimer aussi. Laissons un peu plus de créativité dans l’expression de notre sexualité même si cela peut prendre du temps.


LA QUESTION DE LA LIBIDO ET DU DÉSIR D’ENFANT DANS LES COUPLES HÉTÉROSEXUELS

La question du désir d’enfant se fait plus cruciale au moment de l’ovulation.

Si les deux partenaires désirent un enfant cela peut être un beau moment de communion. S’ils désirent un enfant mais n’y parviennent pas, le moment de l’ovulation peut devenir plus douloureux. Quand faire l’amour se planifie sur le calendrier, nombre de couples connaissent des difficultés à conserver l’envie et l’élan naturel.

Les rapports sexuels peuvent aussi devenir explosifs si l’un désire un enfant et l’autre non. Une femme qui désire un enfant et sent son terrain fertile peut ressentir une grande frustration et un sentiment de trahison si son conjoint n’est pas sur la même longueur d’onde. Ce sentiment est renforcé par certains modes de contraception, à commencer par le retrait.

Même si l’on ne souhaite pas forcément un enfant tout de suite, le fait d’éviter la fécondation peut engendrer de la tristesse ou de la déception. Mettre des mots sur ce qui vous traverse à ce moment là, en parler avec votre partenaire peut soulager.


QUELQUES ASPECTS AUXQUELS PRÊTER ATTENTION OU QUE L’ON AIME MOINS

  • Avoir conscience d’une tendance plus tactile, plus séductrice

    Lorsque nous ovulons, notre corps est plus ouvert vers l’extérieur et nous sommes plus en recherche de contact physique. Ce phénomène a lieu malgré nous, et si nous n’en avons pas conscience, nous pouvons user de notre pouvoir de séduction sans nous en rendre compte. En avoir conscience permet de décider plus précisément où et vers qui l’on souhaite concentrer cette énergie.

Témoignage de Marion

“Je vais souvent dans un monastère bouddhiste qui s’appelle le Village des Pruniers. J’aime beaucoup les enseignements des moines et des moniales. Ils y partagent des expériences vécues, qui sont d’autant plus intéressantes qu’ils ont souvent eu une vie avant le monastère. Certains ont été mariés ou ont eu des enfants avant de s’engager dans la vie monastique et de faire vœu de chasteté. Au Village des Pruniers, les moines et les moniales vivent dans des hameaux séparés les uns des autres, et se retrouvent régulièrement pour des pratiques tous ensemble.

Un jour, une moniale nous a raconté qu’elle avait constaté une chose qui l’avait à la fois amusée et troublée: à chaque fois qu’elle se retrouvait à parler seule en tête à tête avec un moine, c’était pile au moment où elle ovulait. Elle remarquait aussi qu’elle avait tendance à être plus tactile avec les moines à ce moment de son cycle. Ça l’a faisait rire, ça la challengeait, et ça l’interrogeait sur ce qui la poussait à rechercher inconsciemment la présence d’un homme à ce moment là de son cycle, et pas le reste du temps.”

  • Les ovulations douloureuses, inflammatoires

    Au moment de l’ovulation, on peut ressentir une sensation de pincement, de spasme, voire une douleur plus ou moins intense. Cette douleur d’ovulation est en général sans gravité, et dure 8 à 12h.

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    L’ovulation douloureuse est fréquente après l’arrêt de la pilule ou après une grossesse.

    S’il s’agit d’une douleur aiguë, il est conseillé de consulter rapidement afin d’écarter une complication gynécologique nécessitant une prise en charge rapide (grossesse extra-utérine, torsion ovarienne, rupture d’un kyste ovarien…). Une ovulation douloureuse peut aussi être due à de l’endométriose, qui ne nécessite pas une prise en charge aussi immédiate.

    Rassurez-vous, en règle générale une ovulation inflammatoire n’est pas grave du tout: c’est simplement la tension du liquide qui augmente dans le follicule ovarien, et qui finit par entrainer la rupture du follicule et l’expulsion de l’ovocyte. En grandissant, le follicule peut élargir l’ovaire et provoquer une douleur. Cela peut aussi être du à un petit vaisseau sanguin qui se rompt au moment de l’ovulation, libérant du sang et provoquant une irritation du tissu abdominal.

    La douleur est le signe d’un phénomène inflammatoire que l’on peut améliorer par une hygiène de vie adaptée (voir chapitre suivant).

Témoignage de Marion

“Lorsque j’ai arrêté la pilule, j’ai été surprise d’avoir des ovulations douloureuses. Pendant une journée, je sentais une vive douleur dans mon ovaire droit ou gauche, qui m’empêchait parfois même de marcher. En m’appuyant sur la jambe du côté de l’ovaire pour marcher, j’appuyais sur la zone inflammatoire tant et si bien que je boitais ! Ce phénomène arrive souvent après l’arrêt de la pilule, ou lorsqu’il y a une inflammation pour une raison ou pour une autre. De mon côté ça s’est régulé en quelques mois grâce à une détox post-pilule et une alimentation anti-inflammatoire me permettant de réguler mon intestin sensible.”

Il existe diverses problématiques d’ovulation que nous aborderons plus précisément dans le Module 6:

  • Kyste ovarien

    C’est un sac rempli de liquide qui se développe sur ou dans l'ovaire. Nombreuses sont les femmes qui ont des kystes ovariens dans leur vie parfois même sans le savoir, car ils sont souvent indolores et rarement graves. La grande majorité des kystes ovariens disparaissent avec le temps, sans traitement. Parfois, certains kystes peuvent se rompre, se tordre, grossir beaucoup et entraîner des douleurs ou des complications. Ils peuvent aussi être dus à de l’endométriose. Les kystes se repèrent grâce à une échographie.

  • Syndrome des ovaires polykystiques

    Le syndrome des ovaires polykystiques se caractérise par le développement de multiples petits kystes aux ovaires ainsi que par des cycles menstruels très irréguliers, souvent sans ovulation.

  • Les cycles anovulatoires

    Ce sont des cycles pendant lesquels il n’y a pas d’ovulation. Cela peut être temporaire ou définitif. L’anovulation se manifeste par des règles irrégulières, voire une aménorrhée (absence de règles). Cette aménorrhée peut apparaître à l’arrêt de la contraception. Elle peut être due à un déséquilibre hormonal, à l’arrivée de la pré-ménopause, à un mauvais fonctionnement des ovaires suite à un choc émotionnel. Ca peut aussi être la conséquence du syndrome des ovaires polykystiques, un kyste ovarien (parfois dû à une endométriose) ou à une insuffisance ovarienne précoce, entraînant une ménopause précoce (1% des femmes de moins de 40 ans).

  • Hyper-ovulation

    Relâchement de plusieurs œufs lors de l’ovulation . Cela est généralement obtenu de manière médicale dans le cadre de la procréation médicalement assistée. Mais certaines femmes ont des hyper-ovulations naturelles, ce qui leur donne des chances de grossesses multiples, mais aussi d’un épuisement plus rapide de la réserve ovarienne.


 
 

LA MÈRE A L’ÉCHELLE DE LA VIE: LA PREMIÈRE PARTIE DE LA VIE D’ADULTE

Les premières années de la vie d’adulte sont aussi souvent celles des excès: de sucre, d’alcool, de fêtes. C’est aussi un moment où la cuisine nous intéresse moins, où nous avons peu d’argent à un consacrer, et où nous sommes dépendantes de notre famille pour les choix alimentaires.

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Si le temps de la Jeune Fille nous permet des excès sans trop de conséquences, plus le temps de la Mère avance, plus on a besoin de prendre soin de notre corps.

Les femmes témoignent souvent avoir plus de sensations désagréables le lendemain d’une soirée arrosée: c’est un signe du foie, qui est moins résistant qu’auparavant et supporte moins les excès d’alcool, de gras, de sucre... On peut aussi remarquer que l’on prend du poids avec l’avancée en âge, que l’intestin se déséquilibre plus facilement, ou que le système immunitaire est moins résistant. Le corps a besoin de trouver son équilibre, et ce tout particulièrement lorsqu’il accueille un enfant.

Si l’on veut vieillir en pleine forme, la première partie de la vie d’adulte est déjà le temps de prendre soin de son organisme avec une hygiène de vie adaptée du point de vue de l’alimentation, de l’exercice physique et de la relaxation.