Moonrise Series

Les Quatre Lunes


ENCHANTERESSE

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Toutes Sorcières?

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LA CHASSE AUX SORCIERES: GENOCIDE, MYSOGYNIE ET ABOLITION D’UN SAVOIR TRANSGENERATIONNEL

Difficile de parler de l’archétype de l’Enchanteresse sans parler des magiciennes, des bonnes fées, des guérisseuses, des accoucheuses, des druidesses et des chamanes… en somme, de toutes celles qu’on a nommé “sorcières”.

Le mot sorcière porte les stigmates d’une histoire lourde et terrible, celle d’un crime de masse, d’une guerre contre les femmes, d’un génocide de milliers de femmes. Des femmes tuées, brûlées, violées, enfermées, emmurées, torturées. La chasse aux sorcières en Europe a eu lieu principalement aux XVI et XVII siècles. Les procès et condamnations se faisaient sur simple accusation et allégations délirantes. Les tortures étaient atroces, les condamnations à mort exécutées en public. Cette paranoïa diabolique dura près de cinq siècles et s’étendit de l’Europe jusqu’en Amérique. Les dernières sorcières ont été brûlées sur le bûcher à la fin du XVIIIe siècle. Si des hommes ont été été condamnés pour sorcellerie ou lien avec des sorcières, les femmes ont représenté 85% des condamnés.

Mona Chollet, dans son ouvrage Sorcières, la puissance invaincue des femmes, dit ceci: “Son bilan en vies humaines reste très discuté et ne sera probablement jamais établi avec certitude. Dans les années 1970, on évoquait un million de victimes, voire bien plus. Aujourd’hui, on parle plutôt de cinquante ou cent mille. N’y sont pas incluses celles qui ont été lynchées, ni celles qui se sont suicidées ou qui sont mortes en prison - soit des suites de torture, soit en raison de leurs conditions de détention sordides. D’autres, sans perdre la vie, ont été bannies, ou ont vu leur réputation et celle de leur famille ruinées. Mais toutes les femmes, même celles qui n’ont jamais été accusées, ont subi les effets de la chasse aux sorcières. La mise en scène publique des supplices, puissant instrument de terreur et de discipline collective, leur intimait de se montrer discrètes, dociles, soumises, de ne pas faire de vagues. En outre, elles ont dû acquérir d’une manière ou d’une autre la conviction qu’elles incarnaient le mal; elles ont dû se persuader de leur culpabilité et de leur noirceur fondamentales.”


Dès les débuts de l’imprimerie, un livre diffusé en masse -environ 300 000 exemplaires - a servi à diffuser le message anti-sorcières: c’est Le Marteau des sorcières (Malleus maleficarum), d’Henri Institoris et Jakob Sprenger, deux inquisiteurs respectivement Alsacien et Bâlois. Ils y parlent de la “menace” que représentent les femmes, de leur “malice” et d’à quel point elles sont des proies faciles pour le Diable.

Les procès étaient injustes et les femmes, pour la plupart d’origine populaire, n’avaient aucun moyen de se défendre. Si leurs maris ou leurs familles cherchaient à les défendre, ils étaient condamnés à leur tour. On se servait de l’accusation de sorcière pour faire taire des femmes potentiellement dangereuses, celles qui auraient pu se plaindre d’avoir été violées, par exemple. Ces femmes étaient des bouc émissaires et servaient d’exemple de répression pour tous ceux qui ne suivraient pas les ordres souverains. Mona Chollet parle “d’éliminer toutes les têtes féminines qui dépassent”. Dans certains villages, la chasse aux sorcière fut si féroce qu’elle élimina des lignées entières. Si la grand-mère était accusée, ses filles et petites-filles l’étaient aussi.

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La chasse aux sorcières a eu un impact majeur sur notre société et la manière dont elle est constituée aujourd’hui. Elle a permis d’asseoir encore un peu plus le patriarcat et la soumission des femmes.

Nous regrettons que ce pan de l’histoire ne soit pas plus connu de tous, car en tant que femmes, nous sommes aujourd’hui les héritières de ces souffrances, de ces injonctions, de ces carcans. Si aujourd’hui nous avons peur de notre propre puissance, de libérer notre parole et de suivre ce que notre intuition nous dicte… la chasse aux sorcières n’y est pas pour rien.


FEMMES SORCIÈRES

Au fond, qui est cette sorcière? Qui étaient toutes ces femmes tuées pour sorcellerie ? Une Sorcière, c’est une femme différente, une de celles qui refuse l’ordre établi. C’est une femme puissante et incarnée, libre-penseuse. C’est une femme qui ose dire ce qu’elle pense, qui ne se soumet pas. Une femme qui connaît et assume son corps, sa nudité, ses règles, la puissance de son cycle. Une femme qui aime son corps et l’incarne pleinement. C’est une femme qui vibre, qui aime, qui connaît les secrets de la sexualité sacrée. Une femme qui aide les autres femmes à se sentir plus vivantes et plus à leur place.

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Quand j’habite mon corps et que je l’aime pleinement, quelle que soit sa forme et son âge, je permets aux autres femmes de faire de même.

Les sorcières étaient puissantes car elles avaient une grande connaissance du monde, des plantes et du corps humain. Souvent médium, elles savaient écouter les messages du monde subtil. Elles étaient au cœur de la société, importantes et respectées pour leur savoir, leurs dons, et parce qu’elles constituaient souvent le seul recours du peuple pour trouver soins et conseils. Elles pratiquaient des métiers comme sage-femme ou guérisseuse, elles soignaient les blessés, créaient des potions de plantes, faisaient de la magie. On peut voir les sorcières du Moyen Âge comme les dernières gardiennes des cultes païens de l’Antiquité, passés dans la clandestinité à cause des persécutions chrétiennes.

Guérisseuses, elles avaient la souveraineté sur leur être et les connaissances pour aider autrui. La disparition de ces femmes et de leur savoir a entraîné l'hégémonie de la médecine moderne, qui s’est imposée comme seul moyen de guérir. Retrouver la confiance que nous pouvons toutes guérir à notre échelle permet de remettre la médecine moderne à sa juste place et de la regarder avec perspective. La médecine allopathique sauve des milliers de vies chaque année. Pourtant, elle devrait être considérée comme une médecine d’urgence, car en ce qui concerne la prévention, les médecines dites naturelles ou alternatives ont beaucoup à apporter. La nature regorge de remèdes et même s’il ne s’agit pas bien sûr de s’inventer guérisseuse ou de réfuter des siècles de recherches scientifiques, il est intéressant de comprendre que nous sommes entourées d’infinies possibilités. Notre expérience est à chérir car elle nous permet d’accéder à la connaissance et à la liberté.

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« L’autonomie, contrairement à ce que veut faire croire aujourd’hui le chantage de la « revanche », ne signifie pas l’absence de liens, mais la possibilité de nouer des liens qui respectent notre intégrité, notre libre arbitre, qui favorisent notre épanouissement au lieu de l’entraver. »

Mona Chollet


 
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LE MOT SORCIÈRE

Certains mots viennent avec leur lot d’images et de sensations. Le mot sorcière en fait partie. Il est énergétiquement puissant, chargé d’histoire et de messages contradictoires. Dans la culture populaire, on connaît quelques gentilles sorcières, comme celle du Magicien d’Oz ou Ma Sorcière bien-aimée… et surtout beaucoup de méchantes sorcières, nez crochus, pustules et mauvais sorts. La sorcière des contes et des dessins animés a marqué notre enfance et notre inconscient. Qui ne se souvient pas de la sorcière dans Blanche-Neige ?


Prenons une pause

Quand vous vous connectez à ce mot de sorcière, qu’est-ce qui vous vient ? Dans le corps, dans la tête, dans les émotions?



De nos jours, les sorcières sont à la mode. On en parle, des livres sortent, des femmes se revendiquent de la sorcière moderne. Choisir d’employer le mot sorcière constitue un choix. Cela mérite de ressentir, de comprendre, de connaître l’histoire. Ce n’est pas anodin, ça constitue un choix politique, ça parle de lutte et de reconquête.

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«La sorcière incarne la femme affranchie de toutes dominations, de toutes les limitations, elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie.»

Mona Chollet

Partage de Marion

“Quand je me connecte au mot sorcière et que j’écoute ce que ça fait en moi, je sens une grande force, de la puissance. Je sens en moi la femme qui se tient debout, fièrement, et qui refuse qu’on lui dicte une bonne conduite. Je sens aussi la connexion au sacré, au subtil, aux éléments. Un savoir ancestral. Et puis je sens comme une responsabilité, une mémoire à honorer. Celle de femmes accusées à tort, tuées injustement dans un monde qui n’aimait pas les femmes, et surtout pas les femmes différentes. Je sens aussi que ce mot est emprunt d’une histoire et d’une énergie lourde. Ca me ramène à la magie noire, aux sorts jetés contre les autres. J’ai bien conscience que la pratique de la magie noire ne concerne qu’une infime partie des “sorcières” tuées au cours des siècles. Je sens néanmoins que ce mot ne me fait pas forcément beaucoup de bien, qu’il ramène à moi une histoire complexe et beaucoup de souffrance. J’ai à la fois envie d’honorer toutes ces femmes injustement accusées, les femmes de ma lignée qui ont vécu ces temps troubles, et envie de construire le nouveau monde, d’aller de l’avant. Je ne ressens pas l’envie de me revendiquer de la sorcellerie ni de me dire sorcière. Et je ressens le besoin d’honorer le mot et ce qu’il contient de notre passé à toutes en tant que femmes. Si je ne souhaite pas l’employer pour nommer ce que je fais, le mot sorcière m’invite à me tenir debout.”

Et vous, que ressentez-vous au contact du mot sorcière?


 
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L’ENCHANTERESSE CULTIVE SES DONS POUR CRÉER LE NOUVEAU MONDE

Une femme libre, importante et puissante, ça fait peur. Comme nous vous disions dans le module d’introduction, ces 5000 ans de pouvoir des plus forts envers les plus faibles, des hommes envers les femmes, des blancs envers les noirs et des humains envers les animaux et la nature, tout ça s’est terminé en 2012 avec la fin du calendrier Maya. Nous vivons en ce moment l’effondrement de tous nos systèmes: politiques, religieux, économiques, éducatifs… On sent encore la présence de l’ancien monde, mais un vent nouveau se lève et les choses changent profondément.  La société patriarcale et les structures qu’elle sert sont en voie d’extinction.

Nous sommes actuellement dans un temps nouveau où plus rien n’est écrit, où tout est possible. Le vide est créateur. Nous sommes créatrices par nos pensées et nos actions, et nous commençons à nous en rappeler ce que nous avons toujours su. Nous observons que le monde «mécanique», «rationnel» et les rapports de domination ne fonctionnent plus. Nous sommes conscientes de ce déclin. De nouveaux horizons s’ouvrent devant nous, qui intègrent à nouveau la spiritualité libre au cœur de nos vies.


Prenons une pause

“Si j’imagine un nouveau monde, qu’est-ce que j’aimerais garder de l’ancien?”

Qu’aimeriez-vous conserver? De quoi voudriez-vous vous débarrasser?


Le temps du grand changement que nous vivons en ce moment, c’est le temps de l’Ouest dans la roue de médecine. L’Ouest, c’est la direction des femmes, celle de l’Enchanteresse et du chaos transformateur. C’est le temps idéal pour que l’Enchanteresse s’exprime et redéfinisse le monde à sa manière. Les temps que nous vivons nous demandent d’être debout et d’utiliser nos forces et nos dons. L’archétype de l’Enchanteresse nous rappelle notre souveraineté, notre puissance. Il nous permet de cultiver cette confiance que tout est en nous et que nous avons le pouvoir de transformer ce qui ne sert plus pour grandir encore plus fortes.

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La phase de l’enchanteresse permet de mettre en lumière ce qui ne nous fait plus vibrer pour le laisser de côté et faire de la place pour autre chose.

Le temps du grand changement, c’est aussi le temps pour la Mère de porter en elle le rêve du nouveau monde, de continuer à faire grandir cette vision du monde à venir, de garder confiance même si à l’extérieur tout semble s’effriter. C’est le temps pour la Jeune Fille d’ouvrir la voie, de défoncer les portes trop longtemps gardées fermées. Et c’est le temps pour la Femme Sage d’écouter les messages pour savoir où guider le monde. Toutes nos facettes sont utiles et importantes. Toutes les parties de nous ont besoin d’être honorées. Le monde nouveau que nous souhaitons a besoin que chaque femme soit debout et en profond lien d’amour avec elle-même.

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La chasse aux sorcières est terminée.

Vivre cachée, avoir peur, se sentir petite et coupable, c’est terminé.

La fausse humilité, c’est fini.

Il est temps que chaque femme retrouve sa souveraineté et marche comme une reine, une couronne sur sa tête, le cœur ouvert. Nous sommes toutes belles, uniques et utiles à notre manière.

Aidons-nous les unes les autres à nous souvenir de cela.


 
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